Le Seigneur est le Dieu du Ciel

Dès le début du livre Le Ciel et l'Enfer publié en 1758, Swedenborg souligne l'importance de la connaissance que Jésus-Christ est le Dieu du Ciel :

Ce qu’il faut d’abord savoir, c’est qui est le Dieu du Ciel, parce que tout le reste dépend de cette connaissance.

Dans tout l’univers céleste, nul autre n’est reconnu pour le Dieu du Ciel que le Seigneur seul.

Là, on dit, comme Lui-Même l’a enseigné, qu’Il est Un avec le Père ; que le Père est en Lui et Lui dans le Père ; que celui qui Le voit, voit le Père, et que tout ce qui est Saint Procède de Lui. ( Jean, X, 30, 38. XIV, 9, 10, 11. XVI, 13, 14, 15.)

Je me suis très souvent entretenu avec les Anges sur ce sujet, et ils m’ont constamment dit qu’on ne peut, dans le Ciel, distinguer le Divin en trois, parce qu’on sait et on perçoit que le Divin est un, et que cet un est dans le Seigneur.Ils m’ont dit aussi que ceux de l’Église qui viennent du monde, et chez lesquels il y a l’idée de trois Divins, ne peuvent être admis dans le Ciel, parce que leur pensée erre de l’un à l’autre, et que là il n’est pas permis de penser trois et de dire un, parce que chacun, dans le Ciel, parle d’après la pensée, car là le langage est conforme à la pensée ou est la pensée parlante.

C’est pour cela que ceux qui, dans le monde, ont distingué le Divin en trois, et ont pris de chacun des trois une idée séparée, sans la faire une et la concentrer dans le Seigneur, ne peuvent être reçus. En effet, dans le ciel, il y a communication de toutes les pensées. Si donc celui qui pense trois et dit un y venait, il serait aussitôt découvert et rejeté. Toutefois, il faut qu’on sache que tous ceux qui n’ont pas séparé le Vrai d’avec le Bien ou la Foi d’avec l’Amour, reçoivent dans l’autre vie, lorsqu’ils ont été instruits, l’idée céleste que le Seigneur est le Dieu de l’univers.

Mais il en est autrement de ceux qui ont séparé la Foi d’avec la vie, c’est-à-dire, qui n’ont pas vécu selon les préceptes de la vraie Foi.( n°2 )



Tous les enfants, dont se compose la troisième partie du Ciel, sont initiés dans la reconnaissance et la foi que le Seigneur est leur Père, et ensuite qu’il est le Seigneur de toutes choses, ainsi le Dieu du Ciel et de la Terre.( n°4 )



Que le Seigneur soit le Dieu du Ciel, ceux qui sont de l’Église n’en peuvent douter, car il a enseigné Lui-Même, que tout ce qui est au Père est à Lui ( Matthieu XI, 27. Jean XVI, 15. XVII, 2.), et qu’Il a toute puissance dans le Ciel et sur la terre (Matthieu XXVIII, 18 ).

Il dit dans le Ciel et sur la terre, parce que Celui qui gouverne le Ciel gouverne aussi la terre, car l’un dépend de l’autre.

Qu’il gouverne le Ciel et la terre, c’est-à-dire que de Lui on y reçoit tout Bien qui appartient à l’Amour, et tout Vrai qui appartient à la Foi, ainsi toute intelligence et toute sagesse, et par conséquent toute félicité, en somme, la vie éternelle, c’est aussi ce que le Seigneur a enseigné, en disant:

«Celui qui croit au Fils a la vie éternelle, mais celui qui ne croit pas au Fils ne verra point la vie.» (Jean, III, 36)

Ailleurs:

«Moi Je suis la résurrection et la vie, celui qui croit en Moi, quoiqu’il meure, vivra; quiconque vit et croit en Moi ne mourra point, à éternité.» (Jean, XI, 25, 26)

Et ailleurs:

«Moi, Je suis le chemin, la vérité et la vie.» (Jean, XIV, 6)
( n°5 )



Il y avait certains esprits qui, pendant leur vie dans le monde, avaient professé la foi au Père et n’avaient eu d’autre idée du Seigneur, que comme d’un autre homme, et par suite n’avaient pas cru qu’il fût Lui-Même le Dieu du Ciel;c’est pourquoi il leur fut permis d’aller de côté et d’autre et de chercher partout où ils voudraient, s’il existait un autre Ciel que celui du Seigneur. Ils cherchèrent donc pendant quelques jours, et n’en trouvèrent nulle part. Ils étaient du nombre de ceux qui plaçaient la félicité du Ciel dans la gloire et dans la domination ; et parce qu’ils n’avaient pu obtenir la possession de ce qu’ils désiraient, et qu’il leur était dit que le Ciel ne consiste pas en de tels plaisirs, ils s’en indignaient et auraient voulu avoir un Ciel dans lequel ils pussent dominer sur les autres et briller d’une gloire telle que celle qu’il y a dans le monde.( n°6 )



Le Divin et l'Humain sont dans une seule Personne, qui est le Christ

Dans son dernier et plus important ouvrage, 'La Vraie Religion Chrétienne', publié en 1771, Swedenborg consacre trois chapitres à la connaissance de Dieu, puisque, dit-il, "la reconnaissance de Dieu est l'essence même et l'âme de toutes choses dans toute la théologie". Le chapitre I, De Dieu Créateur , traite de l'Unité de Dieu. Le chapitre II, Du Seigneur Rédempteur , traite de l'Humain du Seigneur et de la Rédemption. Le Chapitre III, De l'Esprit Saint et de la Divine Opération , traite de l'Esprit-Saint et de la Divine Trinité. Dans le préambule du chapitre I, Swedenborg écrit:



L'Église Chrétienne, depuis le temps du Seigneur, avait parcouru ses âges, de l'Enfance à l'extrême Vieillesse; son enfance fut à l'époque où les Apôtres vivaient et prêchaient dans tout le Monde la Repentance et la Foi au Seigneur Dieu Sauveur; qu'ils aient prêché ces deux points, on le voit d'après ces paroles dans les Actes des Apôtres: « Paul attestait et aux Juifs et aux Grecs la Repentance envers Dieu et la Foi en Notre Seigneur Jésus-Christ. » - XX, 21. - Il est un fait mémorable, c'est que le Seigneur a convoqué, il y a quelques mois, ses douze Disciples, qui sont maintenant des Anges, et les a envoyés dans tout le Monde Spirituel, avec ordre d'y prêcher de nouveau l'Évangile, parce que l'Église que le Seigneur avait instaurée par eux, est aujourd'hui tellement consommée, qu'à peine en subsiste-t-il quelques restes; et que cela est arrivé, parce qu'on a divisé la Divine Trinité en trois Personnes, dont chacune est Dieu et Seigneur; et que de là, il est découlé comme une frénésie dans toute la Théologie, et ainsi dans l'Église qui du nom du Seigneur est appelée Chrétienne; il est dit frénésie, parce que les mentals humains ont été par là poussés à un tel délire, qu'on ne sait pas s'il y a un seul Dieu, ou s'il y en a trois; il n'y en a qu'un dans le langage de la bouche, mais il y en a trois dans la pensée du mental; le mental est donc en opposition avec la bouche, ou la pensée avec le langage; de cette opposition il résulte qu'on ne reconnaît aucun Dieu; le Naturalisme qui règne aujourd'hui n'a pas d'autre origine. Fais-en, si tu veux, l'examen: Quand la bouche dit un, et que le mental pense trois, est-ce qu'en dedans au milieu du chemin l'un ne chasse pas l'autre, et cela réciproquement? de là, à peine l'homme pense-t-il autrement sur Dieu, s'il y pense, que d'après le mot tout nu de Dieu, sans aucun sens qui enveloppe une connaissance de Dieu. Puisque l'idée sur Dieu, avec toute notion qu'on en peut avoir, a été ainsi dissipée, je vais dans leur ordre traiter de Dieu Créateur, du Seigneur Rédempteur, et de l'Esprit-Saint dans son Opération, et enfin de la Divine Trinité; et cela, afin que ce qui a été dissipé soit rétabli, ce qui arrive lorsque la Raison humaine, d'après la Parole et la lumière qui en provient, est convaincue qu'il y a une Divine Trinité, et que cette Trinité est dans le Seigneur Dieu Sauveur Jésus-Christ, comme l'Âme, le Corps et le Procédant sont dans l'homme; et qu'ainsi reste en vigueur ce passage dans le Symbole d'Athanase, que dans le Christ, Dieu et l'Homme, ou le Divin et l'Humain, ne sont pas deux, mais sont dans une seule Personne; et que, comme l'âme rationnelle et la chair sont un seul homme, de même Dieu et l'Homme sont un seul Christ.





En Jésus comme homme terrestre, c'était le Seigneur Lui-Même qui était présent en personne

Les écrits de Lorber confirment en tout point ce que Swedenborg a révélé au sujet du Seigneur un siècle plus tôt. Des objections pourraient naître du fait que Jésus, dans sa vie terrestre, a été un homme comme les autres. Dans le Grand Évangile de Jean, il y a en abondance des réponses satisfaisantes à ces questions, telle qu'on peut en lire dans la page sur L'Incarnation . Ici, Jésus et ses disciples se trouvent dans un village de montagne, et Jésus guérit Élisa, une fille estropiée à la suite d'une chute sur un éperon rocheux dans une pente très raide. Le lendemain matin (Grand Évangile de Jean_5, chap.264):



En nous éveillant de grand matin, nous trouvâmes toute la maisonnée s'activant déjà, et un grand feu brûlant dans l'âtre, sur lequel on faisait cuire divers plats savoureux pour nous-mêmes et les gens de la maison; il y avait aussi des poissons, et des meilleurs, et de fort belles truites de montagne. La jeune fille guérie était la plus zélée de tous et se démenait fort pour nous préparer au plus vite un bon repas matinal. Dès qu'elle M'aperçut, elle se précipita littéralement, dans sa hâte amoureuse, afin de Me remercier encore de sa guérison.

Mais Je lui demandai comment il se faisait qu'elle pût ainsi travailler un jour de sabbat.

Elisa Me répondit par ces mots: « Seigneur et Maître, il n'y a dans l'Écriture aucune loi qui interdise aux hommes de servir Dieu le jour du sabbat! »

Je dis: « Fort bien, pendant le sabbat, l'on doit donc servir Dieu avant tout, et Lui seul; mais c'est seulement Moi-même et Mes disciples que tu sers à présent avec tant de zèle! Sommes-nous donc des dieux?! »

La jeune fille dit avec ardeur: « Ô Seigneur, Tes disciples ne sont sans doute que des humains comme nous; mais Toi, Tu es Dieu, je ne le comprends que trop clairement à présent! Nous ne violons donc certes pas le sabbat en travaillant pour Te servir, moi et tous ceux de cette maison! »

Je dis: « Mais, Ma très chère Elisa, qui a pu te dire que J'étais un dieu? Car si Je l'étais, Jéhovah, dans les cieux, est pourtant bien Dieu en toute vérité, et il y aurait donc deux dieux! Mais il est dit expressément dans l'Écriture: "Moi seul suis ton Dieu, et tu ne dois avoir d'autre dieu que Moi!" Comment cela s'explique-t-il, si Je suis Moi-même un dieu? »

Sans cesser de préparer les poissons, Elisa Me dit: « Ô Seigneur, cela s'explique fort bien! »

« Et comment cela? » dis-Je.

« Parce que Toi et le Père céleste n'êtes pas deux, mais un seul, dit-elle, et que le ciel ne sera jamais que là où Tu es, ô Seigneur! »

Je dis : « Mais qui t'a dit cela, qui te l'a enseigné? »

Elle dit: « D'abord Toi-même, ô Seigneur! "La paix soit avec toi et avec ta maison" et "Le royaume de Dieu est proche" sont des paroles qui ne peuvent sortir que d'une bouche divine! Et puis, il y a eu Tes miracles, que Dieu seul pouvait accomplir! Et puis, hier soir, quand Tu fus allé Te coucher, ô Seigneur, j'ai encore beaucoup parlé avec mon père de ce Jésus de douze ans au Temple, et j'ai bien examiné tous les textes qui ont trait à Toi dans Isaïe, et cela m'a fait voir aussi clair que le jour qu'étant le Messie de la promesse, Tu ne peux être en esprit que Jéhovah Sébaoth en personne! Voilà, ô Seigneur, les raisons pour lesquelles je Te tiens désormais pour ce que Tu es à l'évidence! »

Je dis: « Eh bien, tu dois avoir raison, ainsi que ton père terrestre; mais ne Me dévoilez pas prématurément à vos voisins! Et si, parce que vous M'avez reconnu, votre zèle vous pousse à Me servir en ce jour de sabbat, travaillez, mais prenez garde que cela ne fâche aucun de vos voisins. »





Un rationalisme aveugle

C'est une scène de L'Évêque Martin,chaps.28 et 29 . Dans l'au-delà, Martin a été secouru par deux hommes dont l'un est Jésus, que Martin jusque là n'a pas encore reconnu. Des rescapés d'un incendie auxquels Martin a porté secours lui font observer que le maître de maison où ils se trouvent n'est autre que le Seigneur, le Très-Haut, l'Être Suprême, et qu'ils sont indignes d'être présentés à Lui. La réaction de Martin révèle son rationnalisme borné.

L'évêque Martin s'écrie: « Oh, oh, oh, qu'est-ce qui vous prend? Dieu, l'Être suprême et infini, qui demeure dans une lumière éternellement inaccessible et remplit tout l'univers incommensurable de Sa Toute-Puissance, Se montrerait sous la forme d'un être humain et travaillerait de Ses mains tout comme nous?!

Il est vrai que Dieu accorde à certains hommes ou à certains esprits la Lumière de Sa Grâce - davantage à certains, moins à d'autres. Mais, malgré cela, un fossé infini demeure entre Dieu et l'être humain.

Même si Jésus, de tous les hommes, était le plus empli de la force divine, il n'était cependant pas plus Dieu que nous. On ne peut demander d'aucun être pensant, ni d'aucun esprit de croire que Jésus soit Dieu, aussi peu qu'on puisse exiger de lui de croire que la petite planète appelée «Terre» soit le principal centre de toute la Création, ce qui ferait sûrement protester quelque peu les soleils!

Aussi, montrons-nous un peu plus intelligents, ici, dans le royaume des esprits! Cela suffit que nous ayons vécu dans la stupidité et la confusion sur Terre et que nous prenions le pain, le vin et souvent toutes sortes d'images sculptées pour des divinités, alors que nous avions, avec le soleil, la plus splendide représentation de la véritable Divinité.

Considérez-moi, ainsi que mes deux très chers et excellents amis, comme ce que nous sommes, ainsi vous ne serez jamais pris d'une crainte si sotte!

Je sais bien que le seigneur et maître de cette maison est plus puissant et plus sage que nous tous rassemblés. Et peut-être même est-il vraiment ce Jésus qui nous a donné le plus sage des enseignements. Cependant, vous ne devez pas le prendre pour Dieu, mais seulement pour ce qu'il est, à savoir, comme je l'ai dit précédemment, le meilleur, le plus sage des hommes de la Terre, celui qui est le plus rempli du Saint-Esprit!

Vous savez bien comment il a été mis à mort dans le monde par les créatures les plus misérables qui soient! Pouvez-vous admettre que Dieu, l'origine de toute existence et de toute vie, ait vraiment pu se laisser assassiner par de misérables êtres humains?

Que se passerait-il si on détruisait les fondations d'une maison? Voyez, elle s'effondrerait sur-le-champ!

De même, qu'adviendrait-il de la Création entière, qui est en fait la maison de Dieu, si l'on anéantissait la Divinité même? Qui aurait bien pu vivre sans Dieu? Est-ce que Sa mort n'aurait pas détruit, déjà bien longtemps avant, toute existence et toute vie?!

Aussi, très chers amis, faites preuve d'un peu plus de bon sens, ici, dans ce monde spirituel! »

Un des sinistrés dit alors: « Ami, tu as parlé apparemment très sagement, dans le but de nous consoler. Cependant, bien que tu te trouves en relation constante avec le Seigneur - alors que nous autres pauvres pécheurs sommes envahis par une juste crainte et une profonde appréhension à l'idée de nous trouver devant Lui - tu es néanmoins plus éloigné du but que nous!

Et moi qui suis un pécheur, je peux te dire ceci: en ce qui concerne la vraie sagesse, tu n'en es même pas encore à la première table de multiplication! Et tu voudrais juger de la sagesse intérieure de Dieu? Si tu ne considères Dieu qu'en fonction de Son volume extérieur, alors, certes, Jésus t'apparaîtra extrêmement petit pendant longtemps encore. Mais si tu réfléchis au fait que Dieu n'a pas seulement créé les soleils et les planètes, mais également les plus petits insectes, tu comprendras sans doute qu'Il Se manifeste aussi bien dans les choses les plus minuscules que dans les plus grandes. Et qu'il Lui est également possible de Se montrer aux être humains en tant qu'homme, de les instruire et de les guider sur le bon chemin! Et, de même, Il dirige certainement les soleils en tant que Soleil de tous les soleils!

Cependant, nous, les hommes, sommes seulement capables de comprendre un être humain - ce qui fait que nous ne pouvons comprendre Dieu que sous la forme humaine de Jésus. Nous ne comprenons pas les soleils, et, par conséquent, sans Jésus, ils seraient pour nous le symbole d'une divinité inutile!

Vois, c'est ainsi que je conçois les choses! Va, maintenant, et apprends à mieux connaître ton maître de maison, notre hôte, puis reviens et dis-nous si je me suis trompé.

L'évêque Martin quitte alors la société et revient chez nous, tout décontenancé.

Revenu auprès de Moi, l'évêque Martin Me dit aussitôt: « Eh bien, mon cher seigneur, maître et frère bien-aimé, dans quelle affaire m'as-tu fourré, moi, dont la bêtise est innée! Je suis vraiment perplexe maintenant: est-ce moi qui suis fou - ou bien ceux-là, qui se trouvent derrière cette porte?

En fait, ils ont une crainte encore plus profonde de toi que les autres, et te prennent sérieusement non seulement pour Jésus, le fondateur de la religion chrétienne, mais encore pour l'Être Divin Suprême Lui-même, et cela avec une sorte de logique philosophique à laquelle on ne peut rien objecter.

Mais dis-moi donc, toi, mon très cher ami, ce qu'il en est vraiment! Comment se fait-il que ces pauvres âmes aient une opinion si étrange de toi? Maintenant, moi aussi, je vois vraiment les stigmates bien connus de tes mains et de tes pieds, et je ne doute pratiquement plus du tout que tu sois le Jésus et Sauveur de jadis. Mais Dieu? Jésus et Dieu en même temps? Cela - excuse- moi, c'est un peu exagéré!

Et pourtant eux, là à côté, l'affirment avec la plus grande témérité! D'où tirent-ils de pareilles conceptions à ton sujet? Auraient-ils raison, finalement? Ce serait un comble, pour une pauvre âme telle que la mienne! Ami, si c'était vraiment la réalité, ce qui serait des plus inconcevables pour moi, alors je ne pourrais empêcher la terreur d'envahir tout mon être! O ami, en ce moment encore mon ami - donne-moi une explication rassurante!

Je dis: « Ami et frère, tu étais pourtant toi-même évêque dans le monde; tu as témoigné de la Divinité de Jésus le Crucifié jusque même dans les plus petites parcelles de l'hostie! Vois, tous ces hôtes qui se trouvent maintenant sous notre protection et que nous avons sauvés des flammes, sont les brebis de ton diocèse et les disciples de ton propre enseignement!

Pourquoi les as-tu donc instruits de cette façon, dans le monde, si tu considères à présent comme absurde ce qu'ils soutiennent, eux, les disciples de ton école? Si leur discours est insensé - question: «D'où cela provient-il?». Mais s'ils parlent sagement - question: «Quel mérite en revient-il à leur instructeur d'autrefois, si celui-ci veut maintenant combattre son propre enseignement en ses disciples, et le combat vraiment?» Je pense qu'il est manifeste, pour lui aussi, qu'il y a là quelque chose d'absurde.

Vois, Je suis vraiment Jésus, le Crucifié! Et j'ai l'honneur de te présenter en ce frère le véritable Pierre de jadis, sur le soi-disant siège duquel les évêques de Rome sont assis et gouvernent, certes pas selon les règles de ce vrai Pierre, mais selon celles du Pierre qu'ils ont eux-mêmes inventé pour servir le mieux possible leurs buts extrêmement matérialistes. A présent, tu sais qui nous sommes, Moi et ton premier guide. Pour le reste, tes propres ouailles te l'apprendront!

Je t'ai dit une fois que les enfants du monde sont plus intelligents que ceux de la Lumière. Mais si tu te considères déjà comme un fils de la Lumière, tout comme un souverain de Chine, alors rends-toi auprès de tes disciples, qui sont de purs enfants du monde, et apprends au moins de leur bouche l'intelligence, si leur sagesse n'a pas l'heur de te plaire! »

L'évêque Martin: « O ami, tu es sans aucun doute Jésus, qui s'est annoncé et fait connaître comme le Fils du Très-Haut - Mais alors, où est le Très-Haut? Où est le Père éternel et tout-puissant? Et où est le Saint-Esprit qui provient du Père et du Fils, si nous voulons nous référer au dogmatisme et écarter la Lumière de la pure raison? »

Je réponds: « Qu'est-il écrit dans l'Evangile? Vois, ceci: « Moi et le Père sommes Un. Celui qui Me voit, voit également le Père! » Si tu crois, que demandes-tu encore, puisque tu Me vois? Mais si tu ne crois pas, pourquoi M'interroges-tu? Restons chacun sur notre quant-à-soi, nous n'allons tout de même pas nous quereller à ce propos?

Là, dans cette pièce, se trouvent tes disciples. Entres-y donc et demande-leur de t'apprendre à nouveau Mon enseignement. Puis reviens ici afin que Je te l'explique!

Car Moi, Jésus, le véritable Sauveur, Je te le dis, ici, dans Mon Royaume éternel: tu es un esprit insensé qui ne connaît pas l'Amour immense que Je te témoigne. Je suis on ne peut plus attentionné à ton égard, et tu es toujours aussi aveugle et sourd! Je te donne le Pain de Vie, et tu le dévores tel un polype sans même en remarquer l'action intérieure, comme cela s'est produit soudainement avec ces pécheurs!

Tu es bien un de ceux qui ne voient ni n'entendent avec les yeux et les oreilles grands ouverts. Que d'événements extraordinaires n'ai-Je pas laissés se produire autour de toi, et tu ne t'es pas demandé: « Qui est-il, celui à qui obéissent la mer et les vents? »

C'est pourquoi, retourne encore une fois auprès de tes propres disciples, qui t'apprendront à reconnaître Celui que tu as pris sans cesse jusqu'à présent pour ton semblable! Qu'il en soit ainsi! »





Jésus, le Nom au-dessus de tous les noms

Ici c'est l'apôtre Jean qui parle à Jacob Lorber et ses amis, en visite dans le monde spirituel (Le Soleil Spirituel 2, ch.13 , v.2 et 3)



Je vous le dis: Jésus signifie quelque chose de si immensément grand que, lorsque ce Nom est prononcé, l'Infini tout entier tremble en raison de trop de vénération. Si vous dites Dieu, vous nommez certes alors aussi l'Être Suprême, mais vous le nommez dans Son Infinité, puisque Il rempli par Lui l'univers illimité, et Il y œuvre avec Sa Puissance infinie, d’éternité en éternité; mais dans le Nom de Jésus vous nommez le puissant Centre de Dieu dans Son Essence et Sa Plénitude, ou bien, pour m'exprimer encore plus clairement:

Jésus est le vrai Dieu en tant qu’ Homme, dans toute Son Essence et Sa Plénitude, à partir de qui seulement jaillit tout le Divin qui rempli l'Infini, en tant qu'Esprit de Sa Puissance, de Sa Force et de Son Pouvoir, à l'égal des rayons issus du Soleil.

Jésus est donc la Somme de la Plénitude Totale de la Divinité, c'est-à-dire: en Jésus demeure la Divinité dans Son infinie Plénitude, vraiment et corporellement dans Son Essence.
C'est pourquoi justement, tout l'Infini Divin est ébranlé quand ce Nom, infiniment sublime dans Sa Sainteté, est prononcé!



Jésus est La pierre rejetée par vous qui bâtissez, et qui est devenue la principale de l'angle. Il n'y a de salut en aucun autre; car il n'y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés. (Act. IV,11 et 12)





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